ATTENTION CHANTIER EN COURS

Sur la Trame, des individus naissent, vivent, meurent. La Trame est un monde binaire. En amont, la Tapisserie Antérieure. En Aval, la Jungle Postérieure. à la lisière du Dessein, la Cité, ses balcons, ses quartiers rihes, pauvres ou pittoresques... et l'Académie. Bienvenue à toi, lecteur!

Pour l'instant, c'est un peu le désordre... il y a des bouts d'histoire par-ci, par là, des délires parfois un peu poussés dans tous les sens.... eh oui faut pas croire on bosse nous!! ya pas forcément le temps de recopier toutes nos idées!!!!

mais promis, on va faire un ptit effort... (quand on aura le temps)

samedi 30 mai 2009

le ménestrel

Les murmures courent doucement dans la salle éclairée d'éclatants chandeliers . Je m'avance sans me presser, dans une main un tabouret bas, dont les pieds sont usés à force d'avoir trop souvent raclé le sol des salles de pierre, dans l'autre, mon luth, qui n'est plus tout jeune, lui non plus. Je m'assois, cale mon instrument contre mon ventre, ferme les yeux pour retrouver le contact familier du bois verni a travers la toile de mes vêtements. Autour de moi, je sens que le silence gagne un à un les convives. Ce n'est pas le moment encore...Ca y est. Le silence est la. Je savoure un instant sa texture, sa tension qui augmente, nourrie de l'attente et de la curiosité des spectateurs; puis, presque avec désinvolture, j'effleure la première corde. Le son clair s'envole sous la voûte. Comme toujours, je perçois les souffles qui imperceptiblement se relâchent, tandis que mes doigts déroulent la mélodie, de simples arpèges d'abord, puis le thème seul, enfin le rythme lancinant des basses qui colorent les voix supérieures d'une nuance mélancolique.
Petit à petit, les temps forts s'accélèrent, les harmonies se font plus audacieuses, je perds le contact avec l'assemblée pour atteindre cette pièce calme en moi-même, celle où je me transforme, pour me fondre tout entier dans la musique, pour que mon corps soit fait de sons et que les notes cascadantes puissent charrier bien plus que de simples résonnances, mais une âme, une émotion, une histoire.
Comme une évidence, j'entends ma voix se joindre à celle du luth, et je me laisse porter, le morceau se dévoile tout seul, le lai que j'ai interprété tant de fois, dans tant de lieux, devant tant d'anonymes.
Ce chant, cette histoire, je les porte en moi depuis si longtemps que je ne sais plus qui, de moi ou de la musique, est à l'origine de l'autre. Une fois de plus, je retrouve à travers les vers plaintifs le vent qui balayait la plaine, les odeurs d'humus ou de viande rôtie, les sensations de l'enfance, les souvenirs qui me submergent, et ces gens, ces gens qui m'écoutent, peuvent-ils ressentir, eux aussi, les joies simples et calmes qui émanent de cette mélodie? une mélodie qui malgré tous mes efforts transporte encore, inexplicablement, comme une harmonie douloureuse, une cadence inachevée....